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9 choses à savoir sur la porcelaine

vase en porcelaine et couleur bleu royal

Salut à tous les curieux de céramique ! Aujourd'hui, on plonge dans l'univers fascinant de la porcelaine, ce matériau chic qui a fait le tour du monde et a traversé les âges. On va remonter le temps jusqu'en Chine, où tout a commencé, et suivre son périple jusqu'à nos assiettes et vitrines européennes. Préparez-vous à découvrir comment un simple mélange d'argile et de minéraux a conquis les cœurs et les tables avec son charme translucide et sa robustesse surprenante.


Les origines de la porcelaine

porcelaine et theiere chinoise

La porcelaine, a une histoire qui prend racine en Chine. Le vase Marco Polo, conservé à Venise, est l'un des plus anciens témoins de la porcelaine chinoise en Europe, datant de la fin du XIIIe siècle. Bien que son voyage par la main de Marco Polo reste sujet à débat, son existence illustre l'ancienneté et la préciosité de la porcelaine. Les premières preuves de la fabrication de la porcelaine datent du VIIe siècle, bien que certains spécialistes pensent que son invention pourrait remonter à quelques siècles plus tôt. Ce n'est qu'à partir des XVIIe et XVIIIe siècles que l'Europe découvrira pleinement la finesse des porcelaines chinoises, notamment les célèbres porcelaines "coquilles d'œuf" à la translucidité remarquable. Ce n'est seulement qu'au XVIIe siècle que l'Europe découvrira la recette véritable de la porcelaine. Ces porcelaines se distinguaient par leur cuisson à haute température, leur composition riche en kaolin, leur faible teneur en oxyde de fer, et leur translucidité exceptionnelle. La ville chinoise de Jingdezhen, surnommée la capitale de la porcelaine, a été le berceau de ces innovations dès le XIVe siècle, où le kaolin était mélangé à la pierre à porcelaine pour obtenir une pâte de meilleure qualité. Il existe néanmoins des spécialistes en céramique chinoises qui s'accordent à dire que les premières porcelaines véritables auraient émergées sous la dynastie des Han de l'Est, entre -206 et 220 de notre ère.


La porcelaine tendre

L'engouement pour la porcelaine chinoise au XVIIe siècle a poussé les artisans européens à expérimenter avec des mélanges d'argile et de verre broyé pour tenter de reproduire sa qualité et sa beauté. Ces premières versions européennes, connues sous le nom de porcelaine tendre, incorporaient divers matériaux comme la stéatite et la chaux, et ont été le fondement des manufactures de renom en Angleterre et en France. La porcelaine tendre, ou pâte molle, se caractérise par une composition complexe qui inclut des éléments tels que les cendres osseuses et le quartz, et nécessite une température de cuisson allant de 1 100 à 1 250 °C pour le biscuit, suivi d'une glaçure cuite à une température inférieure. Cette technique a permis de créer des pièces aux décors raffinés et aux couleurs lumineuses, bien que la surface soit plus susceptible aux rayures que celle de la porcelaine dure. Malgré sa fragilité, la porcelaine tendre a marqué l'histoire de la céramique européenne par son charme et son accessibilité.


La porcelaine dure

La porcelaine dure, avec sa robustesse et son éclat, est le fruit d'un savoir-faire ancestral chinois, révélé à l'Europe au début du XVIIIe siècle. Cette céramique d'exception, issue d'un savant mélange de kaolin et de pétunse, nécessite une cuisson à des températures avoisinant les 1400 °C pour atteindre sa résistance légendaire. En Allemagne, la manufacture de Meissen fut pionnière dans la maîtrise de cette technique, tandis qu'en France, la découverte de gisements de kaolin à Saint-Yrieix-la-Perche a permis de développer une production nationale de renom. La Manufacture de Sèvres a joué un rôle clé dans la standardisation de cette porcelaine, qui se distingue par sa blancheur et sa translucidité. La porcelaine dure subit une double cuisson : d'abord celle du biscuit, puis celle de la glaçure feldspathique, conférant à la pièce finie une surface impénétrable aux rayures. Les décors, qu'ils soient sous ou sur glaçure, ajoutent à la beauté de ces pièces qui peuvent également être rehaussées de dorures. Les porcelaines de Sèvres, de Limoges et leurs équivalents allemands, chinois et polonais, sont célébrées pour leur finesse et leur qualité, incarnant l'excellence de la porcelaine dure qui continue de fasciner le monde depuis le XVIIIe siècle.


Composition de la porcelaine

La porcelaine est le fruit d'une recette complexe où se mêlent silice, argiles variées, feldspath et fines particules de silex. Chaque ingrédient est choisi pour ses propriétés uniques : les argiles, principalement le kaolin, apportent leur capacité à conserver leur forme et à vitrifier à des températures élevées, tandis que le feldspath agit comme un flux, abaissant le point de fusion du mélange pour faciliter la vitrification. La silice, présente sous forme de quartz ou d'opale, confère au corps de la porcelaine sa solidité et sa durabilité. Dans certaines variantes, comme la porcelaine osseuse, on ajoute de la pierre de Chine et des cendres osseuses, qui enrichissent la pâte de calcium et de phosphore, donnant à la porcelaine sa translucidité et sa blancheur caractéristiques. Ces composants sont finement broyés, mélangés à l'eau et travaillés pour obtenir une pâte homogène, prête à être façonnée selon les techniques de coulage ou de calibrage, avant de subir la transformation magique au cœur du four, où naît la porcelaine telle que nous la connaissons et l'admirons.


Cuisson de la porcelaine

La porcelaine est généralement cuite en deux phases qui nécessitent une petite maîtrise technique. La première phase, la cuisson de biscuit, est une montée en température méticuleuse, souvent à 50°C par heure, jusqu'à un pic de 800 à 1000°C pour la porcelaine dure. Cette étape sert à solidifier la forme de la pièce, à éliminer l'humidité résiduelle et à réduire la porosité à environ 20-22%, tout en évitant les tensions qui pourraient causer des fissures. La déshydratation du kaolin commence autour de 450°C et se termine entre 580°C et 650°C, une phase délicate où l'énergie doit être soigneusement contrôlée pour éviter les réactions indésirables.

Après cette première cuisson, la porcelaine, désormais dure et résistante, est prête pour la cuisson de glaçure. C'est lors de cette seconde cuisson que la pièce est recouverte d'un émail et portée à nouveau à haute température pour obtenir une surface lisse et brillante. Les changements de volume dus aux transformations cristallines du quartz sont compensés par la structure poreuse de la porcelaine à ce stade, évitant ainsi les déformations. La précision dans le contrôle de la température et le timing sont essentiels pour garantir que la pièce finie soit exempte de défauts, avec une finition parfaitement adhérente et une esthétique irréprochable.


Caractéristiques de la porcelaine

robustesse et transparence de la porcelaine

La porcelaine se reconnaît à sa blancheur éclatante et à sa capacité à laisser passer la lumière, lui conférant une translucidité envoûtante. Sa composition spécifique lui octroie une imperméabilité sans faille et une résistance remarquable aux chocs, qu'ils soient d'origine thermique ou mécanique. Cuite à des températures flirtant avec les 1400°C, elle acquiert une solidité qui la préserve des ébréchures, tout en garantissant une hygiène irréprochable. Sa surface lisse et son aptitude à endurer des écarts de températures allant de -25 à +300°C en font un matériau pratique et polyvalent, aussi à l'aise dans le froid d'un congélateur que dans la chaleur d'un four. La porcelaine se distingue également par ses caractéristiques techniques supérieures, le résultat d'une composition précise et équilibrée de minéraux comme l'argile, le feldspath et le quartz. Cette formule spécifique lui confère des qualités distinctives en termes de résistance et de durabilité. C'est pourquoi la porcelaine est souvent le choix privilégié pour ceux qui recherchent des produits de haute qualité qui durent dans le temps.


La transparence de la porcelaine

La porcelaine captive l'attention par sa capacité à jouer avec la lumière, une caractéristique qui la distingue des autres céramiques comme la faïence ou le grès. Cette translucidité est le résultat d'un processus complexe où le kaolin, le feldspath et le quartz fusionnent à haute température pour former un corps vitrifié. Dans cette transformation, des milliers de microcristaux translucides se créent, conférant à la porcelaine sa densité et sa faible porosité. Contrairement à une idée reçue, la transparence n'est pas un indicateur de qualité, mais plutôt d'épaisseur : plus la porcelaine est fine, plus elle laisse passer la lumière. C'est pourquoi la porcelaine utilisée dans l'hôtellerie, plus épaisse pour des raisons de robustesse, semble moins transparente que celle que l'on trouve dans nos foyers. La transparence est également influencée par le rapport argile/silice dans la composition de la porcelaine ; l'argile apporte de l'opacité tandis que la silice, élément clé dans la fabrication du verre, confère à la porcelaine ses qualités vitreuses et translucides, une fois vitrifiée. Les glaçures transparentes permettent à la lumière de traverser plus facilement, accentuant ainsi la translucidité de la porcelaine, surtout lorsqu'elle est appliquée sur des pièces fines. C'est cette interaction délicate entre matière et lumière qui fait de la porcelaine un matériau à la fois solide et délicat, facilement reconnaissable lorsqu'on l'examine face à une source lumineuse. Il existe néanmoins des porcelaines de faible qualité composé de matériaux moindre ayant une forte transparence imitant la porcelaine traditionnelle.


La législation encadrant la porcelaine

La porcelaine fait l'objet de plusieurs réglementations spécifiques pour préserver sa qualité et son authenticité. En France, le décret 78-141 du 8 février 1978 établit les règles de dénomination de la porcelaine, interdisant l'usage du terme pour des produits qui ne répondent pas à une composition spécifique. Selon ce décret, la porcelaine doit être faite d'un mélange de matières kaoliniques, argileuses, fondantes, siliceuses et dégraissantes, façonnées avant cuisson. Elle doit présenter une densité apparente supérieure à 2,20, une porosité inférieure à 0,50 % et une certaine translucidité. De plus, toute tentative de tromperie sur la nature ou l'origine de la porcelaine est interdite. En complément de cette législation nationale, la porcelaine de Limoges bénéficie désormais d'une Indication Géographique Protégée (IGP), un label qui garantit que toute porcelaine estampillée "Limoges" est intégralement fabriquée dans le département de la Haute-Vienne. Cette mesure vise à protéger l'authenticité et la réputation de la porcelaine de Limoges, en luttant contre les contrefaçons et les abus, comme les produits faussement étiquetés ou ceux qui utilisent le nom de Limoges sans respecter les critères de fabrication. Avec l'IGP, la porcelaine de Limoges s'inscrit comme l'une des premières appellations protégées pour des produits manufacturés, soulignant l'importance de préserver le savoir-faire et l'excellence dans la production française.


La porcelaine de Sèvres et de Limoges

La porcelaine française est incarnée par deux illustres représentants : Sèvres et Limoges, chacun avec son héritage distinct et sa renommée. La manufacture de Sèvres, née de la volonté de Louis XV et de Madame de Pompadour, s'est établie comme symbole de l'élégance et du luxe royal depuis sa création au XVIIIe siècle. Elle est reconnue pour ses pièces d'exception, souvent ornées par des artistes de renom. À l'opposé, Limoges s'inscrit dans la tradition d'un artisanat régional, célèbre pour sa porcelaine dure et translucide issue de la découverte du kaolin local. Protégée par une Indication Géographique Protégée depuis 2017, la porcelaine de Limoges garantit une production authentique et de qualité. Tandis que Sèvres symbolise l'art de la porcelaine à la française avec ses créations uniques, Limoges représente l'industrie et le savoir-faire d'un territoire dédié à la céramique. Ensemble, ces deux villes témoignent de la richesse et de la diversité du patrimoine porcelainier français, alliant histoire, culture et excellence artisanale.


Et voilà, c'est ici que notre petit tour de la porcelaine prend fin. On a vu que derrière chaque porcelaine se cache des siècles d'histoire, d'innovation et de réglementations bien précises. En France, on ne rigole pas avec la qualité : la porcelaine de Limoges, par exemple, c'est du sérieux avec son label IGP qui assure que tout est fait maison, dans le respect des traditions. Que ce soit à Sèvres ou à Limoges, la porcelaine française, c'est un mélange de luxe royal et de savoir-faire régional qui continue de briller dans le monde entier. Alors, la prochaine fois que vous tiendrez une pièce de porcelaine entre vos mains, pensez à tout le chemin parcouru pour arriver jusqu'à vous – c'est tout un art !

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